Niveau 5 et final dans la hiĂ©rarchive d’archive

Lettre du Dr Violet

Lettre manuscrite du directeur du BMH de Lyon, 20/1/62

« Mon cher ami,

Comme suite Ă  notre conversation tĂ©lĂ©phonique, je t’adresse un exemplaire de la publication rĂ©sumant les travaux du bureau d’hygiĂšne en 1961 sur la pollution de l’air.

Nous nous inspirĂ©s des travaux de Moureau et L Coin, et nous avons dĂ©marrĂ© au bureau d’hygiĂšne dĂšs 1960. De plus nous avons crĂ©Ă© un ComitĂ© local de l’Association pour la PrĂ©vention de l’air (sic), dont je suis le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral ; le prĂ©sident est le Maire de Lyon. Les trois vice-prĂ©sidents sont le maire de Villeurbanne, le PrĂ©sident du Conseil GĂ©nĂ©ral et le Directeur rĂ©gional de l’EDF. Notre comitĂ© compte des personnalitĂ©s du monde scientifique : prĂ©sident de l’Automobile-Club, directeur de l’Ecole centrale lyonnaise, Directeur de l’Ecole de chimie, professeur de la FacultĂ© de Sciences et de MĂ©decine.

Je me trouve aussi Ă  l’articulation de l’Association et du Service d’hygiĂšne de la Ville. Nous Ă©tendons notre action Ă  toute l’agglomĂ©ration lyonnaise.

A bientÎt avec mes sentiments trÚs amicaux. »

Lettre de R. Berthillier, ingĂ©nieur conseil, Massieux (Ain), Ă  l’attention de Monsieur le PrĂ©fet, 9 octobre 1970

« Messieurs,

votre lettre du 24 septembre m’a plongĂ© dans une assez profonde stupĂ©faction, notamment lorsque vous Ă©voquez l’invitation faite par la SociĂ©tĂ© Roussel-Uclaf de visiter son usine le 2 septembre.

Vous paraissez ignorer que cette invitation est la consĂ©quence d’une rĂ©union publique organisĂ©e Ă  TrĂ©voux le 21 aoĂ»t par l’Association pour la Lutte contre les nuisances dans la vallĂ©e de la SaĂŽne, dont les statuts ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s Ă  la PrĂ©fecture du RhĂŽne le 17 juillet 1970, association dont j’assure la prĂ©sidence.

Cette invitation a Ă©tĂ© adressĂ©e verbalement aux membres du bureau de notre Association et elle serait restĂ©e trĂšs confidentielle si nous n’avions pris l’initiative d’en informer M. le docteur Violet, directeur du Bureau d’hygiĂšne de Lyon, et M. Seignat, inspecteur des Ă©tablissements classĂ©s qui s’est chargĂ©, Ă  son tour, de prĂ©venir M. Bergier, ingĂ©nieur sanitaire.

Vous mentionnez un arrĂȘt de fabrication d’un produit – dont je suis en mesure de vous prĂ©ciser qu’il s’agit de l’hexahydrobenzoate d’Ă©thyle – Ă  la date du 30 juin et vous paraissez ignorer que les odeurs provoquĂ©s par ce produit ont continuĂ© depuis, avec seulement une lĂ©gĂšre atĂ©nuation voici quelques semaines. Il ne peut donc ĂȘtre question de confĂ©rer un caractĂšre « accidentel » Ă  cette nuisance que l’on retrouve, sans coup fĂ©rir, autour de l’usine Roussel-Uclaf. Il suffit, en employant la plus simple des girouettes, de se placer sous le vent de cet Ă©tablissement.

Vous paraissez ignorer que ces nuisances continuent d’ĂȘtre constatĂ©es les jours fĂ©riĂ©s alors que l’usine ne travaille pas, ce qui nous a tout naturellement conduits Ă  recommander au responsables de cette entreprise d’orienter leurs recherches vers des dĂ©fectuositĂ©s de leurs stockages. Les travaux rĂ©cemment effectuĂ©s dans cette voie n’ont encore apportĂ© qu’une faible attĂ©nuation des odeurs incriminĂ©es.

En rĂ©sumĂ©, vous semblez ignorer beaucoup de choses au sujet de cette enquĂȘte qui vous a Ă©tĂ© demandĂ©e par Monsieur le Ministre de l’AmĂ©nagement du territoire. Aussi, pour que votre information devienne plus complĂšte, je me permets de vous signaler qu’une nouvelle rĂ©union publique de l’Association pour la lutte contre les nuisances dans la VallĂ©e de la SaĂŽne aura lieu le vendredi 16 octobre dans la salle de l’OrphĂ©on de Neuville-sur-SaĂŽne. En nous faisant l’honneur d’y assister, vous pourrez aussi vous rendre compte que les habitants de la rĂ©gion n’attendent pas du PrĂ©fet qu’il dĂ©fende la SociĂ©tĂ© Roussel-Uclaf, mais qu’il use de l’autoritĂ© liĂ©e Ă  ses fonctions pour nous aider.

Recevez, M. Le Préfet, mes respectueuses salutations »

« protection de l’environnement. Groupe de recherche sur la pollution atmosphĂ©rique », Note de la DDASS du RhĂŽne, 11 fĂ©vrier 1971

Note de la Direction de l’Action sanitaire et sociales, Lyon, 11 fĂ©vrier 1971, E. Bergier, « protection de l’environnement. Groupe de recherche sur la pollution atmosphĂ©rique »

« Le dĂ©veloppement spectaculaire de l’industrie depuis un demi-siĂšcle, la gĂ©nĂ©ralisation des loisirs suscitĂ©e par l’amĂ©lioration du niveau de vie que crĂ©e le dĂ©veloppement industriel entraĂźnent hĂ©las un cortĂšge de nuisances auxquelles notre Ă©poque se trouve confrontĂ©e chaque jour davantage.

En prĂ©sence du caractĂšre gĂ©nĂ©ral de la pollution atmosphĂ©rique de nombreux Ă©tats ont pris la dĂ©cision de prĂ©venir et d’attĂ©nuer ce flĂ©au. Le Gouvernement français a, au cours de l’annĂ©e 1970 inscrit cette action dans un programme immĂ©diat recouvrant l’ensemble des mesures de protection de l’environnement.

Le prĂ©fet a dĂ©cidĂ© de crĂ©er dans le dĂ©partement du RhĂŽne, plusieurs groupes de recherches, sur les diffĂ©rentes nuisances et la protection de l’environnement parmi lesquels celui de la pollution atmosphĂ©rique auquel vous avez Ă©tĂ© conviĂ©s Ă  participer.

La spontanĂ©itĂ© de votre acceptation montre Ă  la fois la gravitĂ© du problĂšme sur lequel la plupart d’entre vous ont dĂ©jĂ  travaillĂ© qu’il s’agisse de chercheurs mĂ©dicaux, universitaires, physiciens, chimistes, industriels ou mĂ©tĂ©orologistes, etc., et la prise de conscience de chacun de vous, des solutions possibles. Proposer des solutions Ă  des problĂšmes complexes telle sera la mission de ce groupe dont la vocation essentielle apparaĂźt de rĂ©flexion, de recherche, de conseil.

Un regroupement des études effectuées sur le plan général ou dans le département du RhÎne par les membres du groupe semble particuliÚrement souhaitable et de nature à faciliter et accélérer les travaux du groupe.

Les rĂ©sultats de vos travaux devront pouvoir ĂȘtre utilisĂ©s aussi bien au niveau dĂ©partemental ou communal pour l’élaboration de solutions, Ă  des problĂšmes concrets de nuisances ou Ă  leur prĂ©vention, que pour l’actualisation de la rĂ©glementation au niveau du Ministre, du PrĂ©fet, du Maire pour rĂ©pondre aux exigences nouvelles.

Le phĂ©nomĂšne certes se rĂ©vĂšle difficile Ă  cerner en l’état actuel des choses :

        Les agents de la pollution sont nombreux, leur action non encore entiĂšrement prĂ©cisĂ©e en raison de l’interaction de certains d’entre eux, de la nature du milieu ambiant et de son niveau de pollution dĂ©jĂ  atteint

        Les effets sur l’organisme humain soulĂšvent des problĂšmes plus dĂ©licats encore, par suite de l’aspect subjectif, la superposition d’autres maladies, de paramĂštres concernant le sujet : Ăąge, activitĂ©, condition sociale, logement, etc.

        La solution des problĂšmes relatifs Ă  l’incidence sur les animaux, les plantes, les bĂątiments, n’est guĂšre plus aisĂ©e.

Une des classifications la plus couramment admise distingue :

A)   Pollution due à la combustion

– foyers domestiques, commerciaux, artisanaux, administratifs, industriels, incinĂ©ration et traitement des dĂ©chets.

B)    Pollution due aux transports terrestres, aériens, fluviaux :

1/ collectifs

2/ Familiaux ou individuels

3/ marchandises

C)    Pollution due aux installations industrielles, centrales thermiques, etc.

D)   Pollution d’origine naturelle, minĂ©rale, vĂ©gĂ©tale, animale ou microbienne.

Aspects Ă©conomiques.

L’action de la pollution atmosphĂ©rique confondue jusqu’alors avec d’autres problĂšmes, la difficultĂ© d’en effectuer l’analyse n’avait pas entraĂźnĂ© la nĂ©cessitĂ© d’intĂ©grer le coĂ»t de cette pollution dans les comptes de la nation. De mĂȘme, la compĂ©tition au niveau de la qualitĂ© des produits et des prix de revient n‘avait pas incitĂ© les industriels Ă  insĂ©rer dans ces derniers, le coĂ»t de cette pollution, considĂ©rĂ©e comme non dangereuse voire Ă  peine incommodante dans les zones concentrĂ©es d’émission. C’est pourquoi, il n’existe guĂšre que des estimations sur les coĂ»ts directs ou indirects de ce flĂ©au.

On peut affirmer cependant que des mesures de prĂ©vention et de lutte dont le coĂ»t peut ĂȘtre Ă©tabli entraĂźneraient indĂ©pendamment de l’aspect humain des rĂ©ductions des dĂ©penses de santĂ©, une amĂ©lioration des rendements de personnels, la rĂ©duction des dĂ©penses occasionnĂ©es par les dĂ©gĂąts et enfin des flux financiers induits inhĂ©rents Ă  la mise en Ɠuvre de ces divers moyens.

LES OBJECTIFS

Afin de tenir compte de l’accĂ©lĂ©ration du progrĂšs technique et des nuisances qui en rĂ©sultent, il paraĂźt utile de rechercher les mesures permettant la rĂ©duction de la pollution actuelle, mieux encore la pollution future :

a)     Mesures d’ordre gĂ©nĂ©ral

        Prise en considération des conditions climatiques, géographiques, topographies

        Disposition d’urbanisme : sĂ©paration et Ă©loignement des zones d’habitation et des zones industrielles, structuration de celles-ci par degrĂ©s de pollution, mise en Ɠuvre d’un urbanisme industriel.

        CrĂ©ation d’espaces verts

        Information

        Education sanitaire

        Enseignement tout au long de la scolarité

        Coordination des efforts des participants aux différentes actions de prévention contre la pollution atmosphérique.

b)     Mesures particuliÚres à chaque catégorie de pollution atmosphérique pouvant comprendre

1° : mesures de structure regroupant les mesures d’urbanisme, amĂ©lioration des transports en commun, amĂ©nagement des modalitĂ©s d’utilisation des grands axes de circulation pouvant ĂȘtre rĂ©servĂ©s Ă  ces vĂ©hicules aux heures d’affluence, regroupement des moyens de production de chaleur pour les locaux d’habitation au niveau du chauffage urbain, par quartier, par immeuble.

2° mesures relatives aux choix des combustibles et carburants

3° mesures relatives aux matériels : véhicules, installations industrielles, dépoussiérage, épuration des gaz, hauteur de cheminées, etc.

4° mesures concernant les personnes : usagers des véhicules ; formation des personnels chargés de la conduite des installations thermiques ou industrielles ; conduite des foyers domestiques.

Ces considĂ©rations ne constituent nullement un programme de travail qu’il vous appartient d’établir, moins encore la solution standard Ă  ces problĂšmes nombreux et complexes. Mais est-il permis de soumettre Ă  votre rĂ©flexion un certain nombre de points susceptibles de servir de base de discussion :

        Regroupement de la réglementation

        Documentation française et étrangÚre relative à la PA

        Inventaire et carte de la pollution et de ses composants dans le département

        Dispositif de contrÎle : substances à rechercher

        Développement de la recherche

        Programme de mesure Ă  mettre en oeuvre en prĂ©vision d’une pollution atmosphĂ©rique dangereuse compte tenu des facteurs mĂ©tĂ©orologiques

        Application des seuils de nocivité

        Choix de combustibles en fonction des installations dÚs leur implantation

        Etude des moyens permettant le dépoussiérage et le traitement des fumées

        Regroupement des moyens de production d’énergie calorifique et implantation de ces installations en zones industrielles

        Formation et recyclage des personnes chargĂ©s de la conduite d’installations polluantes

        Choix d’une opĂ©ration estimĂ©e urgente pouvant ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en 1971 dans le domaine de la pollution atmosphĂ©rique ou des odeurs.

Au programme de travail dont vous abordez la mise au point s’ajoute ipso facto la maniĂšre d’en apprĂ©hender les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments que vous adoptiez la structure par nature de pollution, par catĂ©gorie des objectifs. Une mĂȘme sĂ©rie de mesures : crĂ©ation d’espaces verts ou dispositions d’urbanisme par exemple, rĂ©pondant en effet aux nuisances crĂ©Ă©es par plusieurs types de pollution diffĂ©rentes. Sans doute la mĂ©thode par objectifs permet-elle un rythme de travail plus rapide, plus efficace mais peut ĂȘtre moins approfondi.

Mais au-delĂ  de ces Ă©tudes, notre groupe doit constituer une structure de dialogue entre des techniciens de disciplines diffĂ©rentes en vue de favoriser l’adoption d’une attitude plus objective de l’opinion Ă  l’égard de ce problĂšme qu’il convient de situer entre la psychose de pollution et la nĂ©cessitĂ© pressante de mesures indispensables dans de nombreux cas.

Lyon, le 11 février 1971,

E. Bergier. »

Rapport de l’inspecteur des Ă©tablissements classĂ©s au chef du service des inspections, 1er septembre 1970

Objet : plaintes contre les Ets Roussel-UCLAF

Réfé : Lettres de M. le Préfet des

1-7-1970, plainte de M. Cordier

21-7-1970, plainte du Dr C.

30-7-1970, plainte de M. B.

3-8-1970, plainte de M. D.

J’ai l’honneur de vous rendre compte des premiers rĂ©sultats de l’enquĂȘte que j’ai entreprise, Ă  la suite des plaintes citĂ©es en rĂ©fĂ©rence.

Cette enquĂȘte m’a amenĂ© Ă  Ă©tablir des contacts avec les plaignants, Ă  faire Ă  l’usine ROUSSEL et dans les environs des visites spĂ©cialement axĂ©es sur ce problĂšme et Ă  assister Ă  une rĂ©union, organisĂ©e le 21 aoĂ»t 1970 Ă  20h30 Ă  la salle des fĂȘtes de TrĂ©voux, par l’Association contre les nuisances de la vallĂ©e de la SaĂŽne, dont M. Berthillier est le PrĂ©sident.

L’existence d’odeurs dĂ©sagrĂ©ables dans la rĂ©gion de Neuville ne saurait ĂȘtre mise en doute. Trop de tĂ©moignages de personnes dignes de foi sont concordants en ce qui concerne leur rĂ©alitĂ©. De plus, l’affluence Ă  la rĂ©union de TrĂ©voux prouve que ces nuisances sont prises trĂšs au sĂ©rieux par le public.

Cependant, certaines divergences apparaissent entre les plaignants, quant Ă  la nature des odeurs. Il est vrai que, sauf peut-ĂȘtre pour de trĂšs rares personnes douĂ©es d’un odorat exercĂ©, il est trĂšs difficile d’en dĂ©terminer avec prĂ©cision la nature.

En tout cas, beaucoup des plaignants incriminent l’usine ROUSSEL-UCLAF, c’est pourquoi j’ai fait une visite de cet Ă©tablissement.

Je dois prĂ©ciser que pas plus cette fois que lors de mes passages habituels Ă  Neuville, il ne m’a Ă©tĂ© donnĂ© de percevoir d’odeur spĂ©cialement remarquable.

M. Ory, chef du service de la sĂ©curitĂ©, m’a fait connaĂźtre le point de vue de la sociĂ©tĂ© puis, dans une visite dĂ©taillĂ©e des ateliers, m’a montrĂ© ce qui avait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©, dans le but d’attĂ©nuer certaines nuisances et d’en supprimer d’autres. Son point de vue concorde parfaitement avec les termes d’une lettre datĂ©e du 16 avril 1970, du Directeur de l’Usine au Docteur Dugoujon, conseiller gĂ©nĂ©ral du RhĂŽne, dans laquelle il est dit :

« Le problĂšme plus particulier de la pollution atmosphĂ©rique est le problĂšme permanent de l’industrie chimique, et notre genre d’activitĂ© qui, comme vous le savez en tant que mĂ©decin, est trĂšs Ă©volutive notre entraĂźne parfois Ă  mettre en Ɠuvre des matiĂšres ne prĂ©sentant pas de caractĂšre de toxicitĂ© propre mais dont l’odeur est trĂšs pĂ©nĂ©trante Ă  l’état de traces.

Si nous sommes parfaitement avertis des problĂšmes de toxicitĂ© Ă  la mise en Ɠuvre initiale et si nous pouvons prĂ©voir toutes les installations nĂ©cessaires pour la suppression des nuisances, il n’en est pas de mĂȘme en ce qui concerne le problĂšme des odeurs. Ce problĂšme peu connu au dĂ©part nĂ©cessite de nombreuses Ă©tudes de captation qui entraĂźnent un certain dĂ©lai de rĂ©alisation

L’établissement de Neuville-sur-SaĂŽne a Ă©tĂ© accusĂ© d’émettre trois types d’odeu, des vapeurs rouges et des vapeurs blanches.

Le premier type d’odeur est celui Ă©manant du traitement de la bile de bƓuf, matiĂšre premiĂšre pour l’hĂ©misynthĂšse des corticostĂ©roĂŻdes dont notre SociĂ©tĂ© a la fiertĂ© d’(ĂȘtre l’un des plus grands producteurs mondiaux. Cette odeur organique par essence non toxique a Ă©tĂ© captĂ©e, aprĂšs de nombreux travaux, au point d’ĂȘtre devenue insignifiante.

Une modernisation de nos installations est en cours et nous devrions en 1971-72 obtenir une absorption plus que parfaite de cette odeur.

La deuxiĂšme est celle analogue Ă  celle du chou. Il s’agit lĂ  d’une odeur provenant de la manipulation de quelques kilog par mois de MĂ©thylmercaptan nĂ©cessaires Ă  la fabrication des dĂ©rivĂ©s sulfurĂ©s du Colchicoside. L’exploitation de cette fabrication, du reste trĂšs sporadique, vient d’ĂȘtre abandonnĂ©e par notre Ă©tablissement.

La troisiĂšme est une odeur de tannerie et c’est vraisemblablement celle qui vient de provoquer une certaine Ă©motion dans la population. Il s’agit de l’odeur dĂ©gagĂ©e par la production de quelques centaines de kilos par mois d’un nouvel intermĂ©diaire : l’ester Ă©thylique de l’Acide HexahydrobenzoĂŻque, autrement dit l’Hexahydrobenzoate d’éthyle.

Cette substance est nĂ©cessaire pour la prĂ©paration d’un nouveau mĂ©dicament de synthĂšse qui va bientĂŽt apparaĂźtre sur le marchĂ© sous le nom d’Endogine (c’est un fertilisant non stĂ©roĂŻdien.

(
)

Nos services de fabrication et de sĂ©curitĂ© ont dĂ©jĂ  mis en Ɠuvre des mĂ©thodes permettant de limiter considĂ©rablement les Ă©missions de ces traces de vapeur et l’effet s’en fait sentir depuis quelques jours. Ils poursuivent leur tĂąche et amĂ©lioreront encore les performances de leurs appareils. De plus, nous sommes sur le point de trouver un fournisseur qui nous dĂ©livrera le dĂ©rivĂ© que nous synthĂ©tisons Ă  l’heure actuelle, ce qui aura pour consĂ©quence de supprimer radicalement la nuisance causĂ©e par la fabrication de cet ester.

En ce qui concerne l’émission de vapeurs colorĂ©es en rouge, il s’agit de vapeurs se dĂ©gageant de l’attaque d’un mĂ©tal par l’acide nitrique. Ces vapeurs sont rapidement dĂ©truites dans l’atmosphĂšre et ne reprĂ©sentant aucun caractĂšre dangereux.

Nous Ă©tudions depuis trĂšs longtemps le pb de la destruction de cet effluent atmosphĂ©rique et y avons dĂ©jĂ  consacrĂ© d’importantes Ă©tudes. Il s’agit lĂ  d’un problĂšme ardu en sujet duquel nous ne dĂ©sespĂ©rons pas d’aboutir.

Pour ce qui est de vapeurs blanches, la majoritĂ© de celles-ci sont constituĂ©es par de la vapeur d’eau. Il arrive parfois cependant que des traces de vapeur d’acide chlorhydrique se combinent avec des traces d’ammoniaque notamment lors de la livraison de ces matiĂšres premiĂšres par camion-citerne. Il s’ensuit un lĂ©ger brouillard blanchĂątre absolument anodin, mais qui peut inquiĂ©ter certains de nos voisins.

L’arrĂȘt de la fabrication de l’Hexahydrobenzoate de mĂ©thyle qui, lors de l’envoi de cette lettre, Ă©tait seulement prĂ©vu, est effectif depuis le 30 juin. Le produit arrive dĂ©sormais tout prĂ©parĂ© d’une usine de la rĂ©gion parisienne.

Il semble donc que la cause principale des plaintes a disparu. Cependant, les plaignants ne dĂ©sarment pas. Lors de la rĂ©union de TrĂ©voux, le 21 aoĂ»t, plusieurs participants ont affirmĂ© avoir ressenti « l’odeur » Ă  plusieurs reprises, aprĂšs le 1er juillet, quoique avec moins de frĂ©quence et d’intensitĂ© qu’auparavant.

Il n’est pas possible de savoir s’il s’agit bien de la mĂȘme odeur et, le cas Ă©chĂ©ant, d’oĂč elle Ă©mane. En tout cas il est exclus qu’elle soit issue de l’usine puisque le produit litigieux a cessĂ© d’y ĂȘtre fabriquĂ©. Les mĂȘmes odeurs avaient d’ailleurs Ă©tĂ© signalĂ©es auparavant Ă  des jours et des heures oĂč toute activitĂ© Ă©tait arrĂȘtĂ©e dans l’usine Roussel, par exemple, certains dimanches soirs.

Par ailleurs, les Ă©manations nausĂ©abondes ne manquent pas dans le secteur. Il m’a Ă©tĂ© donnĂ© d’apprĂ©cier celles de la station d’épuration de Couzon, et l’on m’a signalĂ© celles de diverses usines ou dĂ©pĂŽts d’immondices, celles des basses eaux de la SaĂŽne, des Ă©pandages agricoles, de certaines tueries de volailles, etc.

En rĂ©sumĂ©, aprĂšs avoir recueilli divers tĂ©moignages et enquĂȘtĂ© Ă  l’usine mĂȘme, il ne m’est pas possible de donner un avis pĂ©remptoire. Toutefois, je crois, qu’actuellement du moins, les activitĂ©s de la StĂ© Roussel Uclaf ne sont pas gĂ©nĂ©ratrices d’émanations dangereuses ou insalubres. Quelques Ă©manations incommodes lui sont imputables, mais elles ne sont pas frĂ©quentes et conservent un caractĂšre accidentel.

Un modus vivendi devrait s’établir entre l’usine et les plaignants. D’ailleurs, Ă  l’invitation de la Direction, M. Berthillier et le docteur Cottraux doivent visiter l’usine Roussel mercredi 2 septembre. Ils espĂšrent pouvoir se faire accompagner du docteur Violet. A leur demande, je compte participer moi-mĂȘme Ă  la visite et j’espĂšre que M. Bergier, ingĂ©nieur sanitaire, qui s’intĂ©resse aussi Ă  la question pourra y prendre part.

L’inspecteur des Ă©ts classĂ©s

 

 

Lettre du maire de Cailloux-sur-Fontaines au préfet du RhÎne, 12 mars 1971

Lettre Mions Sibuet

TĂ©lĂ©copie du 15 dĂ©cembre 1998 – alerte au taux de SO2

 

Télécopie de P.V. (à destination de différents adjoints, et fonctionnaires)

Le niveau 2 d’alerte a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ© ce jour, 15/12/98, Ă  14 heures.

Le polluant responsable est le SO2.

Cependant les sites responsables de ce déclenchement se situent uniquement sur la partie sud de la région lyonnaise :

FEYZIN Stade  435 ”g/m3 à 14h

SOLAIZE : 533 ”g/m

Les sites situés sur la ville de Lyon gardent des valeurs trÚs en-deça des seuils de déclenchement.

Par ex : Puits-Gaillot, 50 ; Berthelot 52 ; Vaise 25

Le phĂ©nomĂšne s’explique par des conditions mĂ©tĂ©o dĂ©favorables Ă  la diffusion des polluants (notamment une grande inversion de tempĂ©rature toute la matinĂ©e) avec un trĂšs lĂ©ger vent qui rabat le SO3 Ă©mis au niveau de la vallĂ©e de la chimie Ă  proximitĂ© de celle-ci. Mais la propagation des « nuages » de polluant n’atteint pas Lyon et sa proche banlieue.

En ce moment (15h30) la situation est en cours d’amĂ©lioration dans les zones concernĂ©es, c’est pourquoi il ne nous semble pas judicieux de mettre en route les procĂ©dures d’information normalement utilisĂ©es lors d’un dĂ©clenchement de niveau 2.

Tract sur le quartier de Saint-Just (AMLyon, 97 ii 55 PSU Cadre de vie)

HABITANTS de  St JUST
Le Plan d’occupation des sols (P.O.S), Ă©tabli sous la responsabilitĂ© de la MunicipalitĂ© et de la CommunautĂ© urbaine, aura les consĂ©quences suivantes d’ici peu:
– la place de Trion deviendra un grand carrefour de transit avec trĂ©mies, bĂ©ton, etc.
– grandes voies de circulation privilĂ©giant l’automobile au dĂ©triment des transports en commun
– la dĂ©molition de tous les immeubles sur les rues dont l’Ă©largissement (de 12 Ă  20 mĂštres) est prĂ©vue [suit le nom de quelques rues]
Une fois les sols libĂ©rĂ©s (sous prĂ©texte de faciliter la circulation), la reconstruction d’un nouveau quartier rĂ©sidentiel de haut standing est possible pour les promoteurs, d’oĂč
– l’impossibilitĂ© pour les habitants actuels de se reloger sur leur quartier aprĂšs cette transformation, la MunicipalitĂ© faisant toujours le minimum en matiĂšre de construction HLM.
– l’exemple de la rue des Farges est significatif de ce type d’opĂ©ration: dĂ©molitions, Ă©largissement, revente du terrain par la MunicipalitĂ© aux promoteurs.
Nous ne pouvons accepter ces choix qui vont Ă  l’encontre des intĂ©rĂȘts de la population. Ces choix ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s par une poignĂ©e de techniciens, coupĂ©s de la population. N’est-ce pas Ă  nous de dĂ©cider de l’avenir de notre quartier ?

PV du premier Conseil d’administration de la FRAPNA (Grenoble, 23 janvier 1971)

Constitution du bureau
Président : M. Lebreton
Vice-Président : M. Traynard
Secrétaire : M. Plagnat (adjoint : M. Tournier)
Trésorier : Mme Lebreton.

Pbs administratifs
a)    SiÚge social : Lyon
b)    Statuts : un projet sera rédigé par M. Lebreton qui recueillera par poste les remarques du Conseil, afin de présenter un texte définitif en mars
c)    Budget : un ordre d’idĂ©es de 1000F pour l’annĂ©e est avancĂ©. Cela fera entre100 et 150F de recettes par dĂ©partements. Pour les dĂ©penses : cotisation Ă  la FFSPN (150F en 1970 pour le CORA ; le double – ou le triple ? – pour la FRAPNA) ; un ou deux voyages de dĂ©lĂ©guĂ© Ă  Paris ; papier Ă  lettre et tracts
4) Questions diverses
Projet de papier Ă  lettre : MM. Thomas et Ducarroy fourniront une maquette
Projet de tract : M. Lebreton fournira un texte. Pour la rĂ©alisation matĂ©rielle, M. Piane propose l’aide d’un imprimeur d’Oyonnax.
Projet de lettre et dossier Ă  envoyer Ă  M. Poujade, Ă  qui sera faite demande de patronage de la FRAPNA
Projet de lettre à envoyer aux préfets et organismes officiels de la région.
M. Traynard donne quelques informations sur le Parc National « des Ecrins » qui doit voir le jour en 1971
M. Lebreton donne compte rendu de la rĂ©union Ă  Paris le 9 janvier du Conseil de la F.F.S.P.N. ProblĂšme des cotisations ; existence d’un « mĂ©cĂ©nat » sur lequel les infos sont encore assez vagues. Le Bureau de la FFSPN demandera audience Ă  M. Poujade Ă  Paris. M. Lebreton prĂ©sente la brochure Protection de la Nature ( « La Nature n’en peut plus ») rĂ©alisĂ©e par la Documentation Française et le MinistĂšre de l’Agriculture, ainsi que divers documents.
La prochaine réunion est fixée au samedi 27 mars, à 16h, à Chambéry, au Centre universitaire de Jacob-Bellecombette.
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ALERTE, Bulletin de l’Association lyonnaise d’étude sur les rĂ©percussions des techniques Ă©nergĂ©tiques, n°1, dĂ©cembre 1978

Appel à souscription pour un film vidéo sur Seveso

Association de diffusion populaire, 1 rue camille jordan 69001 Lyon le 10 juillet 1977
Appel à souscription pour un film vidéo sur Seveso
Argumentaire : Seveso est une arme dans la lutte contre superphénix

« L’association de diffusion populaire dont le but est de rĂ©aliser avec des travailleurs, de populations en lutte des documents audiovisuels utiles pour leurs luttes et d’aider Ă  la diffusion lance une souscription pour ce montage. L’association a rĂ©cemment rĂ©alisĂ© « juillet 76 Ă  Malville » et « Kergrist clown atomique » en vidĂ©o noir et blanc et aidĂ© Ă  leur diffusion dans la rĂ©gion lyonnaise.

Editorial « Sommes-nous écologistes? »

Depuis la candidature de RenĂ© Dumont aux Ă©lections prĂ©sidentielles de 1974, les idĂ©es Ă©cologistes ont fait leur chemin. A tel point que le vocable « Ă©cologique » est employĂ© pour dĂ©signer n’importe quoi. On dit par exemple : « une couleur Ă©cologique », « il ne fume pas, il est Ă©cologiste », ou bien « une opĂ©ration Ă©cologique » pour « une opĂ©ration de nettoyage, etc ».
UNE CONSTATATION

Avant de savoir si nous sommes Ă©cologistes, il faut donc dĂ©finir ce qu’on entend par lĂ . A partir de l’écologie-science qui Ă©tudie les rapports des ĂȘtres vivants avec leur milieu, on est naturellement conduit Ă  se poser la question des liens qu’entretien l’homme moderne avec son environnement. La simple observation des faits conduit logiquement Ă  conclure que nous avons avec la Nature un rapport de domination et d’exploitation conduisant Ă  l’artificialisation totale de notre planĂšte, c’est-Ă -dire Ă  la disparition de toute vie sauvage et spontanĂ©e. Aucun pays n’a encore su concilier dĂ©veloppement Ă©conomique et respect de la Nature dans sa prodigieuse diversitĂ©.

L’homme exploite l’homme, comme il exploite la Nature pour gagner toujours plus assurer sa suprĂ©matie sur ses voisins et maintenir Ă  n’importe quel prix, une expansion Ă©conomique dont les limites se dessinent pourtant clairement.
Le COSILYO a nettement proclamĂ© son appartenance au courant Ă©cologique et depuis 13 ans, il rassemble des personnes autour d’un certain nombre d’idĂ©es concrĂ©tisĂ©es dans notre Charte Notre action pour la protection de la Nature faune, flore, et milieux naturels sauvages, s’inscrit dans une rĂ©flexion globale qui relie l’homme au cosmos et la destruction de la Nature Ă  sa vraie cause : le type de sociĂ©tĂ© dans lequel nous vivons.
Le simple souci de cohĂ©rence nous conduit dĂšs lors Ă  remettre en question un type de croissance dont les inconvĂ©nients l’emportent aujourd’hui sur les avantages, Ă  remettre en cause un modĂšle de dĂ©veloppement inĂ©galitaire aux niveaux national et planĂ©taire.
ET DES CONSEQUENCES

Partant de lĂ , ĂȘtre Ă©cologiste, c’est rĂ©-inventer un autre type de sociĂ©tĂ©, non seulement respectueux de la Nature et de ses millions de formes vivantes, mais aussi une sociĂ©tĂ© plus juste, moins agitĂ©e, dont le but ne serait plus le profit, mais le bonheur de l’homme. Le ProgrĂšs, oui ; la croissance, oui ; mais Ă  condition qu’ils soient pour tous les hommes, et ne menace pas la vie sur la terre

L’écologisme (mĂ©fions-nous du suffixe !) stipule la rĂ©duction massive des inĂ©galitĂ©s, l’arrĂȘt de la course au « toujours plus ». il nous apprend qu’on peut vivre mieux avec moins, « ĂȘtre » plus en « ayant » moins

– C’est pourquoi le NuclĂ©aire est inacceptable, en dehors mĂȘme de ses incertitudes Ă©conomiques et de ses risques potentiels. Inacceptable parce que symbole d’une sociĂ©tĂ© technocratique, centralisĂ©e et Ă©nergivorace, opposĂ©e Ă  la sociĂ©tĂ© autogestionnaire et dĂ©centralisĂ©e que nous voulons. Une sociĂ©tĂ© conviviale comme l’appelle I. Illitch.
– C’est pourquoi l’abus de la voiture individuelle est critiquable : forme moderne de l’individualisme, elle porte en elle ses propres contradictions et nous fait croire que vivre c’est aller toujours plus loin, toujours plus vite.
– C’est pourquoi aussi, est critiquable l’agriculture moderne, prise elle aussi au piĂšge de l’expansion et du toujours plus : plus grand, plus mĂ©canisĂ©, encore plus de pesticides

– C’est pourquoi nous critiquons la publicitĂ© qui nous crĂ©tinise, fait prendre des vessies pour des lanternes et le gadget superflu pour l’indispensable.
La SociĂ©tĂ© moderne, agression perpĂ©tuelle contre l’homme et la Nature, engendre la violence, le mĂ©pris
 Les Ă©cologistes se sont prononcĂ©s pour la non-violence active, la reconnaissance et l’acceptation des autres avec leurs diffĂ©rences.
Bien sĂ»r, tout ça c’est des idĂ©es, direz-vous, de l’utopie. Mais l’utopie n’est-elle pas nĂ©cessaire pour indiquer la direction ?

Editorial « A propos des élections municipales »

A propos des municipales

Dans moins d’un mois, nous serons amenĂ©s Ă  Ă©lire les nouveaux conseils municipaux qui devront rĂ©gir l’activitĂ© des communes durant 6 ans.
Si, comme nous avons dĂ©jĂ  eu l’occasion de le dire, il ne nous appartient pas en tant qu’association de protection de la Nature de nous engager sur le terrain Ă©lectoral et politique et de soutenir officiellement tel ou tel mouvement ou parti, il est malgrĂ© tout indĂ©niable que ces Ă©lections ne peuvent nous laisser indiffĂ©rents. Nombre d’entre nous regarderons d’un Ɠil intĂ©ressĂ© les rĂ©sultats obtenus par « les Verts » dans les quelques grandes villes oĂč ils auront pu prĂ©senter une liste, mais il faut bien reconnaĂźtre que c’est avant tout les communes rurales qui nous prĂ©occupent, et pour cause ! Si quelques « Ă©cologistes », avouĂ©s ou non, peuvent espĂ©rer siĂ©ger dans certains de ces conseils municipaux, il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂȘtre devin pour prĂ©voir que les dĂ©fenseurs du milieu naturel auront cette fois encore bien du mal Ă  se faire entendre dans les petites communes.
Pourtant l’enjeu de ces Ă©lections est particuliĂšrement important cette annĂ©e puisque la nouvelle loi sur la dĂ©centralisation confĂšre aux Ă©lus locaux, et donc aux Maires, de nouvelles prĂ©rogatives en matiĂšre d’urbanisme et d’équipement. Si celles-ci sont encore mal connues, autant des administrations concernĂ©es –PrĂ©fecture, DDE) que des principaux intĂ©ressĂ©s, il ressort de cette loi, ou du moins de son esprit, qu’un plus grand pouvoir de dĂ©cision sera donnĂ© aux Maires dans un domaine oĂč ils n’avaient pas brillĂ© jusqu’ici par leur clairvoyance et leur voolontĂ© de prĂ©server pour les futures gĂ©nĂ©rations « d’administrĂ©s » le patrimoine naturel de la commune. Lorsque l’on sait qu’ils devaient passer jusqu’à prĂ©sent sous les fourches caudines de l’assentiment prĂ©fectoral, on peut se poser quelques questions sur la pĂ©riode Ă  venir dans la mesure oĂč ces fourches vont sinon disparaĂźtre, du moins ĂȘtre sensiblement « relevĂ©es ». (Il est notamment prĂ©vu que les futurs schĂ©mas directeurs – ex SDAU – soient Ă©laborĂ©s Ă  l’initiative des communes !)
La surenchĂšre, la fuite en avant et la dĂ©magogie qui caractĂ©risent l’action de trop nombreux maires, plus soucieux de faciliter leur rĂ©Ă©lection que de gĂ©rer Ă  long terme, risquent de nous entraĂźner sur une pente trĂšs dangereuse, si les garde-fous sont levĂ©s. On est en droit de se demander, par exemple, quelles fonctions rĂ©elles auront dĂ©sormais les Groupes d’Etude des POS (GEP) qui permettaient dans une certaine mesure aux DDE de tempĂ©rer les ardeurs des Maires atteints d’amĂ©nagite aiguĂ«, ou simplement trop enclins Ă  cĂ©der aux pressions des propriĂ©taires fonciers dĂ©sirant voir leurs terrains classĂ©s en zone constructible sur le POS de la commune.
On peut bien sĂ»r nous rĂ©torquer que, dĂ©sormais, la tendance peut ĂȘtre inversĂ©e puisque la dĂ©mocratie va pleinement jouer son rĂŽle. Ainsi, une commune soucieuse de prĂ©server son cadre de vie et un espace naturel digne de ce nom, pourrait barrer la route Ă  des projets d’équipement imposĂ©s « d’en haut ». Outre que cela nous paraĂźt pour le moins alĂ©atoire (les dĂ©clarations d’utilitĂ© publique – DUP – seront toujours lĂ  pour trancher), il conviendrait, pour que cette notion de dĂ©mocratie reprenne tout son sens, que les enjeux soient clairement dĂ©finis et que les Ă©lecteurs aient vraiment le choix entre :
– d’une part, une gestion « douce » et Ă  long terme, prenant en compte l’espace naturel en tant que patrimoine Ă  ne pas brader ;
– D’autre part une gestion « dure » Ă  base de lotissements, d’élargissements de route et de bases de loisirs et, comme tout cela coĂ»te cher, de zones industrielles permettant d’encaisser des taxes substantielles.
En fait, le choix se rĂ©sume la plupart du temps en un affrontement de notables aux projets plus dĂ©mesurĂ©s les uns que les autres, ou bien en la traditionnelle opposition des politiciens de gauche et de droite qui n’ont appris Ă  prononcer le mot environnement que pour glaner quelques Ă©lecteurs hĂ©sitants.
Tristes perspectives en vĂ©ritĂ©, direz-vous. A court terme, sans doute. Il ne faut pas oublier pour autant que les notions de protection de la nature et de l’environnement sont encore relativement rĂ©centes et qu’elles commencent Ă  peine Ă  se dĂ©velopper dans l’esprit du public et des « gestionnaires ». C’est donc Ă  tous ceux qui sont dĂ©jĂ  convaincus de faire en sorte qu’elles soient Ă  l’avenir, et le plus tĂŽt sera le mieux, non seulement inscrites dans les programmes Ă©lectoraux, mais qui mieux est, rĂ©ellement prises en compte dans la gestion des communes. Et peut-ĂȘtre un jour verrons-nous les Maires sortants se reprĂ©senter devant leurs Ă©lecteurs en arguant d’un bilan positif comprenant la crĂ©ation de deux rĂ©serves naturelles et l’extension des zones classĂ©es ND au POS

MM

Courrier de l’ingĂ©nieur des Mines au sujet du groupe de travail « Emissions industrielles »

Lettre de l’ingĂ©nieur en chef des Mines Ă  Madame Claudine Lange, attachĂ©e, professeur coordination gĂ©nĂ©rale, prĂ©fecture, 20 avril 1971
Objet : action pour l’environnement dans le dĂ©partement du RhĂŽne. Groupe Pollution atmosphĂ©rique. Sous-groupe : Ă©missions industrielles
« Le sous-groupe : Ă©missions industrielles dont je suis l’animateur s’est rĂ©uni le 25 mars 1971 et a dĂ©cidĂ© de crĂ©er trois commissions de travail dont je vous rappelle ci-aprĂšs les objectifs et la composition :
1e commission :
Objectif : dresser l’inventaire – par commune – des rejets polluants dans l’atmosphĂšre en se limitant Ă  SO2, CO, poussiĂšres, probabilitĂ©s d’odeurs et polluants particuliers.
Composition : animateur : M. le professeur Joubert
Membres : Directeur de l’ALPAVE ou son reprĂ©sentant, M. Bergier, ingĂ©nieur sanitaire DDASS, professeur Perrot, M. Ory, ingĂ©nieur chimiste
2e commission :
Objectif ; rechercher les mesures propres à réduire les nuisances des usines existantes en matiÚre de pollution atmosphérique
Composition : animateur : M. le professeur Chambon
Membres : M. le professeur Joubert ; M. le professeur Gelin ; M. Ory ingénieur chimiste, M. Sarteur du centre de recherche Elf ou son représentant ; M. FaviÚre du GIL
3e commission :
Objectif : prospective pour l’implantation d’usines dans l’optique de moindres nuisances (zones industrielles, amĂ©nagement de sites, destruction de dĂ©chets)
Composition : animateur : M. Rivoire de l’OREAM
Membres : M. Soulier, atelier d’urbanisme ; M. le professeur Collombel, M. Faviùre du GIL
J’ai l’honneur de vous indiquer que la prochaine rĂ©union du sous-groupe Emissions industrielles aura lieu le 29 avril 1971 (au lieu du 22 primitivement prĂ©vu).
Pour l’ingĂ©nieur en chef des Mines, l’ingĂ©nieur des TPE dĂ©lĂ©guĂ©, H. Agacinski

Lettre du directeur départemental de la santé du RhÎne (D.D.A.S.S) au préfet

Lettre du D.D.AS.S. au Préfet du RhÎne, 18 décembre 1970 photo 4129
Votre lettre du 10 novembre 1970
« Lors de la rĂ©union du 8 octobre 1970, relative aux problĂšmes de l’environnement, tenue sous votre prĂ©sidence, vous avez soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de crĂ©er des groupes de recherches qui, Ă  l’image du Haut ComitĂ© de l’environnement, associeront des reprĂ©sentants des administrations Ă  des universitaires et Ă  des personnalitĂ©s qualifiĂ©es du secteur privĂ©.
J’ai l’honneur de vous proposer ci-joint la liste des personnalitĂ©s qui me paraissent qualifiĂ©es pour faire partie du « Groupe de recherche sur la pollution atmosphĂ©rique ».
Ce groupe constitué conformément à vos instructions rassemble :
1° ReprĂ©sentants d’administrations concernĂ©es sur le problĂšme de la pollution atmosphĂ©rique
– Direction de l’action sanitaire et sociale
– Arrondissement minĂ©ralogique de Lyon
– Direction de la RĂ©glementation
– Direction du Travail et de la Main d’Ɠuvre
– Bureau d’hygiĂšne de Lyon
– Services de la MĂ©tĂ©orologie

2° membres de l’UniversitĂ©
– M. le Dr Chambon, Prof honoraire de la facultĂ© de mĂ©decine
– M. Moiroud, directeur-adjoint de l’Ecole centrale de Lyon, reprĂ©sentant Ă©galement l’Association pour le DĂ©veloppement des Sciences et Techniques de l’Environnement
– M. le Docteur Fontange, mĂ©decin chef de 2e classe au Centre de l’ArmĂ©e
– M. le Docteur Collombel, maĂźtre-assistant du Laboratoire de Toxicologie et d’hygiĂšne industrielle de la FacultĂ© de mĂ©decine
– M. Joubert, professeur Ă  l’INSA
– M. Gelin, professeur Ă  l’INSA

3° personnalités qualifiées
– M. Delfante, urbanisme de la CommunautĂ© urbaine de Lyon
– M. Cadiergues, directeur du COSTIC
– M. Rigard, ingĂ©nieur de la SOGREAH

4° Représentant de la profession
a) Combustibles : M. Gallot, combustibles gazeux ; M. Raguin, combustibles solides ; M. Pile, combustibles liquides
b) Chambre syndicale des entrepreneurs de chauffage :
– Syndicat national des exploitants de chauffage, section lyonnaise
– Syndicat national des fabricants de produits chimiques de la rĂ©gion lyonnaise

5° Organismes divers
– Association lyonnaise des propriĂ©taires d’appareils Ă  vapeur et Ă©lectriques
– Automobile Club du RhĂŽne

Ainsi seraient rĂ©unies les personnalitĂ©s qui, en raison de leur compĂ©tence ou de leur appartenance Ă  des organismes concernĂ©s par la pollution atmosphĂ©rique, me paraissent susceptibles de procĂ©der Ă  l’étude des diffĂ©rentes causes de pollution de l’air, ainsi que des solutions et moyens Ă  mettre en Ɠuvre immĂ©diatement et Ă  long terme pour la rĂ©duction de ces nuisances.
Je me permets de vous suggĂ©rer de confier la prĂ©sidence du groupe de recherche Ă  M. le Docteur Violet, directeur du bureau d’hygiĂšne de Lyon, et le secrĂ©tariat Ă  M. Bergier, ingĂ©nieur sanitaire dĂ©partemental.
Si ce projet reçoit votre agrĂ©ment, je vous serais obligĂ© de bien vouloir arrĂȘter la liste des membres de ce Groupe de recherches.
Le Directeur de l’Action Sanitaire et Sociale, E. Rouviùre.

22 – DĂ©libĂ©rations du conseil gĂ©nĂ©ral de l’Ain (dĂ©moustication)

Extrait du PV des dĂ©libĂ©rations du Conseil gĂ©nĂ©ral de l’Ain
SĂ©ance du 5 octobre 1999

Rapport 510 : Ă©tude, protection et rĂ©habilitation de l’hydrosystĂšme du Haut RhĂŽne – Entente interdĂ©partementale Ain – IsĂšre – RhĂŽne – Savoie pour la dĂ©moustication (DAFA – Bureau du Budget et des affaires financiĂšres).
Tous les conseillers gĂ©nĂ©raux sont prĂ©sents Ă  l’exception de M Michel Carminati, excusĂ©.
Mr GĂ©rard Armand, Rapporteur.
Aux termes d’un rapport complĂ©mentaire qui nous a Ă©tĂ© adressĂ© avant l’ouverture de la rĂ©union, Mr le PrĂ©sident nous invite Ă  nous prononcer sur deux demandes d’aides dĂ©partementales prĂ©sentĂ©es par l’EID.
Les plaines de Lavours et Chautagne, situĂ©es respectivement dans les dĂ©partements de l’Ain et de la Savoie, constituent avec le Haut RhĂŽne et ses affluents un vaste ensemble hydraulique et Ă©cologique remarquable, d’une superficie de 50km2. Si la vocation de ces plaines alluviales est principalement agricole et sylvicole, elles constituent Ă©galement un patrimoine naturel reconnu au plan dĂ©partemental (actions de restauration et plan de gestion du Conservatoire du Patrimoine Naturel de Savoie) Ă  l’échelle nationale (RĂ©serve naturelle du Marais de Lavours, classement en ZNIEFF) et au niveau communautaire (programme Life Nature sur l’ensemble haut RhĂŽne Chautagne Bourget Lavours).
L’EID gestionnaire de la RĂ©serve naturelle du marais de Lavours prĂ©sente deux projets s’inscrivant dans une dĂ©marche de protection et de revitalisaton des milieux humides dĂ©pendant du RhĂŽne.

1) Etude du fonctionnement hydraulique des plaines de Lavours et Chautagne
Les effets cumulĂ©s des activitĂ©s agricoles, sylvicoles et hydroĂ©lectriques se manifestent d’une part par une dĂ©gradation des importantes nappes de Lavours et de Chautagne en raison de la concentration des polluants, d’autre part par la rĂ©gression des milieux humides de haute valeur patrimoniale.
La gravitĂ© des enjeux liĂ©s Ă  cet assĂšchement appelle l’étude de mesures de gestion durable du Haut-RhĂŽne et de ses plaines alluviales qui prennent en compte, outre la vocation prioritaire de la ressource en eau, les diffĂ©rents usages et activitĂ©s qui s’y exercent. PrĂ©alablement, une campagne d’étude et de mesures piĂ©zomĂ©triques destinĂ©es Ă  Ă©clairer le fonctionnement complexe des nappes et des interactions existant avec le fleuve sera conduite.
Compte tenu de la similitude du problĂšme de l’approfondissement des nappes de part et d’autre du RhĂŽne, le District de Chautagne et l’EID ont dĂ©cidĂ© de s’associer pour la conduite des Ă©tudes, cette derniĂšre ayant reçu dĂ©lĂ©gation pour assurer la maĂźtrise de l’ouvrage.
Le coĂ»t de ce programme d’études, en ce qui concerne la Plaine de Lavours, c’est-Ă -dire intĂ©ressant le territoire de l’Ain, s’élĂšve Ă  1 182 000 francs TTC (1 182 000 pour le secteur de Chautagne) y comris l’assistance Ă  maitrise d’ouvrage. Son plan de financement est Ă©tabli sur la base suivante (TTC) :
– Agence de l’eau (60%) : 709 200 francs
– Direction rĂ©gionale de l’environnement (15%) : 177 300 francs
– Compagnie nationale du RhĂŽne (11%) : 130 020 francs
– EID / RĂ©serve (9%) : 106 380 francs
– Conseil gĂ©nĂ©ral de l’Ain (sollicitĂ©, 5%) : 59 100 francs.
Le financment important consenit par l’Agence de l’eau en faveur de ce programme tĂ©moigne de son intĂ©rĂȘt du point de vue de la gestion et de la prĂ©servation des ressources hydrauliques.

2) Restauration du Marais de Lavours
La gestion de la RĂ©serve naturelle du Marais de Lavours, crĂ©Ă©e en 1984, a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  l’EID qui possĂšde une solide expĂ©rience de gestion des zones humides. Le territoire de la rĂ©sevre s’étend sur 424 hectares, dont une partie a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une action de restauration et de reconquĂȘte des prairies de fauche. Ainsi, de 1997 Ă  1999, 150 hectares de prairies humides sur tourbe ont pu ĂȘtre restaurĂ©s, et 112 hectares entretenus par pĂąturage et fauche.
L’opĂ©ration proposĂ©e conssite, sur une durĂ©e de 4 ans de 1999 Ă  2002, Ă  achever ces travaux et crĂ©er des conditions favorables Ă  la pĂ©rennisation de la gestion des prairies. Ce programme a Ă©tĂ© approuvĂ© par le comitĂ© consultatif de la rĂ©serve, qui regroupe les Ă©lus locaux, l’administration, les reprĂ©sentants du monde agricole, des propriĂ©tĂ©s fonciers et des partenaires associatifs, dont les chasseurs et les pĂȘcheurs.
Ce programme pluri-annuel, d’un montant de 4 176 726 sur 4 ans, comprend les actions suivantes :
– Poursuite des acquisitions fonciĂšres (36 hectares) afin d’amĂ©liorer les conditions de restauration des habitats, faciliter l’entretien et mieux garantir la pĂ©rennitĂ© du site. Budget de 701 864 francs sur 4 ans.
– Poursuite des travaux de restauration des biotopes, concernant notamment les prairies humides de colonisation de vĂ©gĂ©tation ligneuse, restauration des habitats des Ă©lĂ©ments de la faune et de la flore de haute valeur patrimoniale. Budget de 911 258 francs sur 4 ans.
– Travaux d’entretien pĂ©iodique : entretien des prairies par pastoralisme, par fauche et broyahe avec retour d’expĂ©rience sur 4 ans, suivi scientifique des populations d’oiseaux, de papillons et de la vĂ©gĂ©tation. Budget de 2 160 853 francs.
– Sensibilisation du public et diffusion des rĂ©sultats : rĂ©novation des panneaux pĂ©dagogiques installĂ©s sur le sentier sur pilotis, panneaux d’information sur les travaux en cours, organisation d’un colloque visant Ă  restituer les savoir faire acquis durant 15 annĂ©es de gestion de la rĂ©serve. Budget : 164 751 francs.
– Fonctionnement gĂ©nĂ©ral du programme : couverture du surcout gĂ©nĂ©rĂ© par le programme pour l’EID, gestionnaire de la RĂ©serve, principalement en personnel. Budget de 238 000 fcs.
A l’exception de certains suivis scientifiques, la majoritĂ© des opĂ©rations prĂ©vues seront rĂ©alisĂ©es par le gestionnaire de la RĂ©serve, qui dispose des matĂ©riels, des compĂ©tences et savoir-faire requis.
Le financement de ce programme repose sur la répartition suiante (sur 4 ans) :
– Etat (Direction rĂ©gionale de l’environnement, 45,75%) : 1 910 996 francs
– RĂ©gion 21,6% : 903 140 francs
– Autofinancement 20% : 835 400 francs
– Agence de l’eau 7,4% : 310 224 francs
– Aide sollicitĂ©e du Conseil gĂ©nĂ©ral de l’Ain : 216 966 francs
Il convient d’observer que le programme prĂ©sentĂ© par l’EID, intĂ©grĂ© Ă  un important dossier intĂ©grant le secteur Haut-RhĂŽne – Chautagne – Lavours – Bourget soumis Ă  la Commission europĂ©enne dans le cadre du programme Life-Nature n’a pas bĂ©nĂ©ficiĂ© de crĂ©dits communautaires et a du en consĂ©quence ĂȘtre rĂ©duit.
AprĂšs en avoir dĂ©libĂ©rĂ©, votre Commission de la jeunesse, de l’éducation, de la culture, du sport et de l’environnement, en accord avec la commission de finances et des affaires administratioves vous propose :
Etude du fonctionnement hydraulique des plaines de Lavours et Chutagne : de participer Ă  hauteur de 59100 francs.
Restauration des milieux naturels du Marais de Lavours : d’accorder une aide de 216 966 pour ce projet.
De voter une somme de 276 066 francs au chapitre 961 article 657 du budget départemental pour 1999.

Conseil Municipal – DĂ©bat sur la dĂ©moustication

SĂ©ance du conseil municipal du 25 janvier 1960

Question de Mr Collomb Henri, sur les moyens donnés pour la démoustication.

Mr le Maire. Nous avons inscrit un crédit important pour la lutte antimoustiques. Nous avons donc fait notre devoir vis-à-vis de la population.
Vous avez raison, mon cher MaĂźtre, lorsque vous dites que des mesures d’ensmelbe avec les communes suburbaines avaient Ă©tĂ© envisagĂ©es l’annĂ©e derniĂšre. En effet, il y a eu une rĂ©union d’étude Ă  la PrĂ©fecture, Ă  laquelle j’assistais. J’étais accompagnĂ© par M le Dr Violet, directeur de notre Bureau d’hygiĂšne. M le PrĂ©fet avait convoquĂ© une quarantaine de maires, allant de la commune de Givors, jusqu’à celle de Neuville-sur-SaĂŽne, et mĂȘme de Miribel dans l’Ain, car il est nĂ©cessaire de lutter contre les moustiques des bords du RhĂŽne et contre ceux des bords de la SaĂŽne.
Vous savez comme moi que l’eau, en particulier l’eau stagnante, les boutasses et les fosses septiques, qui sont un peu l’apanage des communes voisines, sont des endroits de prĂ©dilection pour les moustiques. La ville de Lyon dĂ©pense des sommes importantes pour lutter contre ces bestioles, alors que les communes limitrophes ne font rien. On peut mĂȘme dire que l’élevage des moustiques se fait sur leur territoire, il en est d’ailleurs de mĂȘme en ce qui concerne les rats.

(
)

C’est surtout dans les fosses septiques qu’ils se dĂ©veloppent. Si tous les Lyonnais mettaient dans leurs WC, la drogue dĂ©livrĂ©e par le Bureau d’hygiĂšne, on obtiendrait un rĂ©sultat. De nombreuses personnes aident le Bureau. Saint Just est un quartier oĂč un Ă©levage important de moustiques existe dans de trĂšs nombreuses piĂšces d’eau.

(
)

M Pinton (
). Les moustiques ne s’écarent que trĂšs peu de la zone oĂč ils ont pris naissance. Dans ces conditions, on s’explique mal pourquooi l’on Ă©prouve le besoin de subordonner la lutte contre les moustiques Ă  une vaste organisation dĂ©partementale. Je comprends trĂšs bien qu’il y a peut-ĂȘtre intĂ©rĂȘt) les combattre en dehors de Lyon, mais chacun pour soi puisque le moustique se dĂ©veloppe dans une zone extrĂȘmement restreinte.

IL n’est pas douteux qu’il y a un certain nombre d’annĂ©es, par suite d’un effort important de la Ville, par suite surtout, du concours sĂ©rieux apportĂ© par la population, on avait obtenu des rĂ©sultats considĂ©rables qui, malheureusement, se sont estompĂ©s.
On a essayĂ© d’autres procĂ©dĂ©s. Je me souviens qu’on avait mis dans le lac de la tĂȘte d’Or des poussons qui devaient dĂ©truire les moustiques. A la vĂ©ritĂ©, est-c-e les moustiques qui ont dĂ©truit les poissons ou est ce les pĂȘcheurs, toujours est il que cela n’a pas apportĂ© beaucoup de rĂ©sultats.

(
)

Il faut prĂ©voir la reprise de la campagne de propagande entreprise il y a quelques annĂ©es car, avec les services municipaux, avaient travaillĂ© Ă  la fois des scouts, des Ă©claireurs et des volontaires. La tĂąche la plus difficile Ă©tait d’aller, Ă  plusieurs reprises, verser le produit dĂ©livrĂ© par le Bureau d’hygiĂšne dans tous les immeubles ou dans les eaux stagnantes.

(
)

Mr le Maire. Si, avenue Thiers par exemple, du cĂŽtĂ© pair qui est sur le territoire de la Ville de Lyon, notre personnel et les scouts vont chez les propriĂ©taires mettre le produit dans les fosses, et qu’en face, cĂŽtĂ© Villeurbanne, on ne ne le fasse pas, les moustiques auront vite fait de traverser la rue pour piquer les habitants d’en face. Le problĂšme est plus compliquĂ© que vous ne le pensez parce qu’il y a, je crois, deux catĂ©gories de moustiques. De plus, le vent amĂšne les moustiques. Nous en avons des tĂ©moins : les administrateurs des Hospices. Dans le midi, il y a beaucoup de moustiques et Ă  l’hĂŽpital de Giens, de nombreux enfants Ă©taient piquĂ©s. Le professeur Roman est allĂ© spĂ©cialement sur place pour mener la lutte. On a utilisĂ© un hĂ©licoptĂšre et mĂȘme un avion. On a nettoyĂ© toute la presqu’ile de Giens. La premiĂšre annĂ©e, les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© satisfaisants : l’annĂ©e derniĂšre, les moustiques sont venus des Salins. C’était le vent qui les avait amenĂ©s.

M. Baridon. On a parlĂ© de moustiques cuirassĂ©s et de moustiques vaccinĂ©s. C’est peut-ĂȘtre vrai pour les adultes et les produits au DDT utilisĂ©s pour leur destruction, mais la vĂ©ritable lutte contre les moustiques, c’est contre les larves qu’il faut l’entreprendre. Et ainsi il n’y aura pas de moustiques vaccinĂ©s ou cuirassĂ©s.

Article « Le pyralĂšne, une histoire qui s’achĂšve ? », Le ProgrĂšs, 6 septembre 1989

« Le pyralĂšne, une histoire qui s’achĂšve ? », Le ProgrĂšs, 6 septembre 1989
C’est le 29 juin 1986, qu’éclatait Ă  Villeurbanne, puis dans toute la France, l’affaire du pyralĂšne. FrappĂ© par la foudre, un transformateur situĂ© Ă  Cusset, s’enflammait et laissait Ă©chapper le fameux produit hautement toxique contenu dans ce type d’installation Ă©lectrique. Les dĂ©chets n’ayant pu ĂȘtre traitĂ©s de suite dans l’usine ad hoc, avaient alors Ă©tĂ© stockĂ©s sur le site du chemin de Pierrefrite, proche de l’usine EDF en bordure du canal de Jonage. Au grand dam des habitants de la citĂ© et de Cusset en particulier, qui redoutaient la pollution. Que tous soient dĂ©sormais totalement rassurĂ©s. Le 29 aoĂ»t dernier, Mme Roussy, adjointe chargĂ©e de l’environnement, accompagnĂ©e de Mme Frezet, premiĂšre dĂ©lĂ©guĂ©e et de M. Borius, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, ont pu constater l’absence totale de tous dĂ©chets et de pyralĂšne bien sĂ»r dans le dĂ©pĂŽt de Cusset. Le nettoyage a dĂ» avoir lieu trĂšs rĂ©cemment puisque des dĂ©chets Ă©taient encore entreposĂ©s en juillet dernier et qu’une quarantaine de tonnes Ă©taient encore prĂ©sents voici un an.
L’affaire n’est pas totalement rĂ©glĂ©e pour l’instant. Les autoritĂ©s municipales avaient repoussĂ© les conclusions de l’enquĂȘte publique et le prĂ©fet devra se prononcer en novembre, vraisemblablement dans le mĂȘme sens.
Du cĂŽtĂ© de l’HĂŽtel de ville, on reste vigilant.

Mots clés : PyralÚne, PCB, Villeurbanne, accident/catastrophe, Canal de Jonage

Article Le ProgrĂšs, 3 mars 1988 : « Baroud d’honneur contre le C.D. 300 »

Afin de protester contre le projet de contournement autoroutier de Lyon par le CD. 300, l’A46 Nord et l’A6 Sud, le collectif d’Associations de l’Est lyonnais (C.A.E.L.) a organisĂ© hier en fin d’aprĂšs-midi une manifestation Ă  Lyon.
PrĂšs de cinq cents personnes se sont rassemblĂ©es devant la Direction dĂ©partementale de l’Equipement, rue Moncey, et ont dĂ©filĂ© jusqu’à la PrĂ©fecture du RhĂŽne.
Bien que le C.A.E.L. se dise « totalement apolitique », de nombreux Ă©lus participaient Ă  cette manifestation, en particulier des Ă©lus du P.C. et du Front national, les dĂ©putĂ©s Charles Fiterman et Bruno Gollnisch entre autres, ainsi que Marc Fraysse, conseiller municipal (RPR) de DĂ©cines qui contrairement Ă  son parti, est opposĂ© Ă  ce projet dĂ©cidĂ© par le Conseil rĂ©gional et confirmĂ© par ministre de l’Equipement. Par contre, le PS dont certains Ă©lus locaux Ă©mettent des rĂ©serves sur le C.D. 300, ne s’était pas associĂ© Ă  la manifestation.
Une délégation du C.A.E.L. a été reçue à la Préfecture.
Dans une motion, le collectif regrette notamment que « « les conclusions de l’enquĂȘte publique (qui s’est achevĂ©e en dĂ©cembre) ne tiennent aucun compte des dĂ©libĂ©rations des conseils municipaux ou les dĂ©forment ».
Il est peu probable que cette manifestation fasse revenir les pouvoirs publics sur leur dĂ©cision. D’ailleurs, les manifestations eux-mĂȘmes ne se faisaient guĂšre d’illusion.
Faut-il en conclure que cette manifestation n’est qu’ « un baroud d’honneur et mĂȘme un combat d’arriĂšre-garde », comme le reconnaissaient plusieurs d’entre eux ?

Mots clés : infrastructures routiÚres, manifestation, politisation, Est lyonnais

Courrier du vice-président de la COURLY Président de la Commission des Eaux (M. André) à la préfecture du RhÎne, 14 janvier 1983

Objet : protection des puits de captage de Crépieux
Réf : réunion du 11 courant à la Préfecture
Monsieur le Préfet,
ProfondĂ©ment inquiet pour l’approvisionnement en eau potable des habitants de la CommunautĂ© urbaine de Lyon je vous confirme mon opposition Ă  une mise en service des autoroutes LY.5 et A.42, sans la rĂ©alisation des dispositifs de collecte et d’évacuation des pollutions chroniques et accidentelles.
La possibilitĂ© d’usage sĂ©lectif (voitures lĂ©gĂšres seulement) est illusoire, de leur propre aveu les CRS ne pouvant assurer avec certitude un filtrage efficace.
Les récents incidents de Givors doivent faire prendre conscience des responsabilités encoures vis-à-vis des populations »

Mots clés : eau potable, infrastructures routiÚres, risque/risques, COURLY

Projet de communiqué de presse du maire de Saint-Fons, non daté, été 1992

ComitĂ© Scientifique de l’Environnement Lyonnais
Communiqué de presse

RĂ©unis autour de Franck SĂ©rusclat, SĂ©nateur du RhĂŽne, Maire de Saint-Fons, un groupe de scientifiques et d’experts en matiĂšre d’environnement a dĂ©cidĂ© de se constituer en un ComitĂ© Scientifique Lyonnais pour l’Environnement (C.S.L.E).
Ce comitĂ© constate que la rĂ©gion lyonnaise se doit d’offrir un espace de rĂ©flexions et de propositions sur les problĂšmes d’environnement ; il est conscient que si l’écologie ne peut ĂȘtre pensĂ©e que globalement et donc Ă  l’échelle planĂ©taire, nous sommes tous confrontĂ©s Ă  des problĂšmes qui doivent ĂȘtre traitĂ©s en agissant localement, Ă  l’échelle de la commune et de l’agglomĂ©ration.
Il se propose :
1° D’identifier des problĂšmes aigĂŒes (sic) d’environnement au niveau de la rĂ©gion lyonnaise.
2° D’ĂȘtre un lieu de crĂ©ativitĂ©, d’idĂ©es nouvelles et d’innovations Ă©cologiques, applicables Ă  la rĂ©gion lyonnaise (ou dans ses communes).
3° D’aider Ă  la rĂ©flexion de mise en place dans les communes qui nous solliciteraient, de plans municipaux d’environnement (P.M.E)