« L’affaire de la Feyssine » (1988-1995)

Au milieu des années 1980, le quartier et les espaces naturels de la Feyssine, situés sur la rive gauche du Rhône, au nord de Villeurbanne, font l’objet d’un intérêt particulier au regard de l’importante réserve foncière qu’ils constituent. Charles Hernu, maire de Villeurbanne qui effectue alors son second mandat, est réélu pour la troisième fois en 1989. Mis en avant notamment dans sa campagne municipale, le projet de construction d’un grand quartier moderne sur ces espaces doit constituer le socle d’une politique d’aménagement ambitieuse, en phase avec les exigences de son temps (compétitivité économique, attractivité territoriale, marketing urbain, requalification des espaces marginaux).

 

Fig. 1 – Carte des aménagements liés au quartier et aux espaces naturels de la Feyssine

 

Dénommé successivement projet des « Portes du Rhône » ou quartier « Villa urbana », il est censé constituer l’étendard de la modernité villeurbannaise, renouveler l’image d’une ville industrielle mais également celle d’espaces en friche depuis l’arrêt des puits de captage d’eau dans les années 1970. Le projet « Villa urbana » vise ainsi à les requalifier en inscrivant la Feyssine dans la continuité directe du campus de la Doua dans l’optique de créer un quartier luxueux, sur les bords du Rhône, propices au développement conjoint d’un pôle de formation et de recherche de grande qualité et d’activités économiques à forte valeur ajoutée. Nombre d’acteurs décrivent alors ce projet comme une entreprise très personnelle à laquelle est attachée Charles Hernu : au cours de l’année 1989 est créée la Société villeurbannaise d’aménagement des Portes du Rhône (SOVAPOR), société d’économie mixte chargée d’acheter les terrains et de constituer le montage financier destiné à réaliser l’opération. A sa tête, Charles Hernu.