Contexte national

Le mouvement écologique recense au printemps 1977, près de 1200 candidats écologistes dans toute la France, soit sur des listes homogènes, soit sous la forme de participation individuelle à des listes diverses. Dans les grandes villes, des listes complètes sont présentes (Paris, Lille, Lyon, Toulouse). Pour l’historien Alexis Vrignon (Alexis Vrignon, La naissance de l’écologie politique en France. Une nébuleuse au cœur des années 68, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017) deux profils y dominent : les défenseurs du cadre de vie (protégeant les quartiers contre les opérations de rénovation urbaine) et les militants d’extrême-gauche venus à l’écologie par la contestation de grands projets et d’un ordre social capitaliste. Par l’affirmation d’une identité distincte claire et des résultats significatifs, ce scrutin municipal est une étape importante pour l’écologie en général et l’écologie politique en particulier. A titre d’exemple Paris-Ecologie rassemble ainsi 10,83% des suffrages, tandis que « Grenoble-Ecologie. Pour autogérer la cité », avec ses 9,13% empêche la réélection de Dubedout au premier tour. A La Celle Saint-Cloud, la liste « Réforme de la gestion municipale et protection du cadre de vie » menée par Georges Bod recueille près de 23% des voix.

Trois ans après la campagne présidentielle, les municipales de 1977 apparaissent ainsi comme un succès médiatique et électoral pour des listes écologistes qui obtiennent des scores révélant l’importance accordée aux enjeux environnementaux par une partie de l’électorat en ce crépuscule des Trente Glorieuses. Ces municipales constituent une étape importante dans l’émergence d’une expression politique cohérente de l’écologisme français qui paraît avoir acquis une existence plus tangible que lors de la campagne de René Dumont (Vrignon, 2017).

CEDRATS_Municipales 1977 Fond JP Bertaud – « Le vert sied à l’urne », article du Point sur le contexte national – 7 mars 1977. « Tous les partis guettent la vague verte, mais les écologistes tiennent à leur unité et refusent toute récupération »